En cours, nous avons vu que l'essentiel des flux financiers mondiaux s'organisaient autour de la Triade (Europe, Amérique du Nord, la zone Asie-Pacifique) et de quelques pays émergents (le BRIC : Brésil, Russie, Inde et Chine). Les seules traces notables de flux Nord / Sud en la matière étaient constituées des aides humanitaires aux pays en développement (ONG) ou des prêts consentis par les états et le FMI (Fonds monétaire international). Il faut désormais compter sur le microcrédit : un prêt à taux faible, consenti sur une faible somme, accordé à un projet de développement, le plus souvent dans un pays en difficulté. La société de microcrédit Kiva fondée par Matt Flannery en 2005 et soutenue par l'ancien président états-unien Bill Clinton permet à tout internaute de prêter de l'argent à un projet de son choix. Le débiteur rembourse petit à petit. Depuis sa création en 2005, Kiva a fait circuler à travers les frontières plus de 190 milliards de dollars. Un succès qui a poussé Flannery à développer des prêts pour les exclus du système bancaire dans les pays développés et des prêts pour les étudiants des pays en développement.
De 2005 à 2011, la carte animée ci-dessous montre l'augmentation progressive des échanges financiers en lien avec le microcrédit Kiva (prêts et remboursements). Ce système bancaire nouveau, porté par des acteurs individuels et non par des états, met en réseau des espaces développés et des espaces en développement (L'Amérique du Nord et l'Europe d'un côté, l'Afrique subsaharienne, l'Asie du Sud et du Sud-est, le Pacifique sud de l'autre). Si le tropisme nord-américain est important (Kiva est basé aux Etats-Unis, pays le plus riche du monde), on voit également se développer des liens intracontinentaux (l'Europe, avec son fort contingent de populations précaires). Si certaines régions en crise sont fortement connectées au système du microcrédit (l'arc musulman d'Asie centrale, le littoral du Golfe de Guinée, l'Amérique andine, la péninsule indochinoise), d'autres se tiennent à l'écart : c'est le cas de la Chine et de l'Inde, hermétiques à cette nouvelle forme d'activité bancaire et humanitaire.
Au final, le microcrédit est un moyen d'intégrer des acteurs économiques en difficulté dans le système-monde, en utilisant un mécanisme financière équitable et digne, plutôt qu'une charité condescendante ou un contrôle budgétaire des pays en développement par les grandes institutions internationales (Banque mondiale, FMI) ou les pays riches.
Intercontinental Ballistic Microfinance from Kiva on Vimeo.
1 commentaires:
Bel article et animation intéressante. Comme tout le reste de votre travail d'ailleurs. Je me permets de vous donner un lien critique sur le microcrédit. C'est certes orienté politiquement, mais ça me semble bien argumenté.
Bonne continuation.
C. Cailleaux
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